Choisir une mutuelle pour l’expatriation est indispensable pour être efficacement couvert. En effet, selon votre statut - travailleur détaché ou expatrié - vous ne pourrez pas forcément bénéficier des remboursements de la Sécurité Sociale. Ou dépendrez de la Sécurité Sociale locale qui, dans certains pays, est beaucoup moins avantageuse qu’en France.

Quelle est la différence entre travailleur détaché et expatrié ?

Qu’est-ce qu’un travailleur détaché ?

Vous avez le statut de travailleur détaché si votre entreprise vous envoie travailler dans un pays étranger. A condition que la durée du détachement ne dépasse pas 36 mois. Dans ce cas vous restez affilié à la Sécurité Sociale française. Et profitez donc des mêmes remboursements qu’en France. Et des indemnités journalières, dans les mêmes conditions que sur le territoire français.

Toutefois, les soins sont onéreux dans certains pays. Et la Sécurité Sociale ne vous rembourse pas plus efficacement, même si les frais sont plus élevés. Quelques exemples :

  • Aux Etats-Unis, consulter un médecin généraliste coûte environ 80 euros. La Sécurité Sociale française ne vous rembourse que 16,50 euros. Votre reste à charge s’élève donc à plus de 60 euros.
  • Au Royaume-Uni, les consultations chez le spécialiste atteignent 130 euros en moyenne. Sur ce montant la Sécurité Sociale vous rembourse 16,50 euros. Il vous reste à payer plus de 100 euros.

Qu’est-ce qu’un travailleur expatrié ?

Un travailleur expatrié travaille à l’étranger avec un contrat relevant du droit du travail local. Même s’il occupe un poste pour le compte d’une entreprise dont le siège social est basé en France. Le remboursement des soins dépend de la législation locale. Qui peut être moins avantageuse qu’en France. Par exemple, en Espagne, les lunettes et prothèses dentaires ne sont pas du tout prises en charge par la régime de base. D’où l’utilité absolue de souscrire une mutuelle pour ce type d’interventions.

De la même façon, les conditions pour obtenir des indemnités journalières (en cas d’arrêt maladie ou d’accident du travail ) ne sont pas forcément les mêmes qu’en France. Le tableau ci-dessous vous donne quelques exemples pour des pays européens :

Pays Indemnités journalières Montant des indemnités journalières
Royaume-Uni Indemnité d’invalidité pour accident du travail et allocation pour déclassement professionnel Indemnité d’invalidité pour accident du travail : le taux d’invalidité doit être de 14% minimum. Par exemple un taux d’incapacité de 20% donne droit à une indemnité de £35.80 par semaine. Allocation pour déclassement professionnel : elle est calculée selon le salaire que vous perceviez avant l’accident. Et peut aller jusqu’à £71,60 par semaine.
Espagne Incapacité temporaire ou permanente découlant d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle. Lésions permanentes non invalidantes. Incapacité temporaire : 75% de la base de calcul jusqu’à 365 jours (180 jours supplémentaires possible), assistance sanitaire et médicament sans ticket modérateur. Incapacité permanente : 12 mensualités calculées en fonction de la base de calcul et du degré d’incapacité + mêmes prestations que l’incapacité temporaire. Lésions permanentes non invalidantes : un paiement unique en fonction d’un barème + assistance sanitaire + médicaments sans ticket modérateur.
Malte Prestations de maladie (il faut avoir cotisé 50 semaines dont au moins 20 semaines au cours des deux ans précédant la demande de prestation) 20,79 euros par jour pour les parents isolés, personnes mariées subvenant aux besoins de leur conjoint non employé à plein temps. 13,46 euros par jour dans les autres cas. Versement pendant 165 jours par année civile maximum. Prolongation possible en cas de blessure ou de maladie grave à 312 jours sans cumuler plus de 468 jours sur deux ans.
Pologne Indemnités maladie ou maintien de salaire, prestations de réinsertion, allocations de compensation. Maintien de salaire : versé pendant les 33 premiers jours de maladie d’une année civile. Indemnités de maladie : versées à partir du 34e jour. Montant = 1/30e de la rémunération mensuelle habituelle. Période : jusqu’à 182 jours maximum ou 270 jours en cas de tuberculose ou lors d’une grossesse. Prestations de réinsertion : 90% de la rémunération pendant les 90 premiers jours puis 75%. Allocation de compensation : différence entre le salaire mensuel moyen (calculé sur les douze derniers mois) et le salaire mensuel pendant l’arrêt de travail.

La Sécurité Sociale couvre-t-elle les soins en expatriation ?

Sous le statut de travailleur expatrié, la Sécurité Sociale ne couvre plus vos frais de santé. Vous devrez adhérer à la Caisse des Français de l’étranger (CFE). Ce n’est que dans ce cas que vous pourrez continuer à bénéficier du régime de l’Assurance Maladie française, même si vous devrez tout de même cotiser au régime obligatoire de votre pays d’expatriation.

La CFE propose quatre formules pour couvrir vos frais de santé à l’étranger. Toutes sont payantes. De 30 euros par mois en moyenne pour les expatriés de moins de 30 ans à plus de 100 euros pour les retraités expatriés. Sachant que ces montants peuvent être plus élevés en fonction du pays d’accueil. Et elles ne remboursent que les frais habituellement couverts par la Sécurité Sociale française. Pour compléter vos remboursements vous devrez choisir une mutuelle santé complémentaire.

Que couvrent les contrats CFE ?

Les contrats CFE vous remboursent sur la base de ce que la Sécurité Sociale prend en charge en France. Il ne s’agit donc pas d’une mutuelle mais d’une couverture de base. Ils prennent en charge les soins suivants (à l’étranger et pour vos retours en France inférieurs à six mois) :

  • Consultations chez le médecin généraliste ou spécialiste.
  • Médicaments.
  • Analyses et examens médicaux.
  • Hospitalisation.
  • Soins dentaires et optiques.
  • Lunettes et prothèses dentaires avec des montants basiques conformes à ce que rembourse la Sécurité Sociale française.
  • Si vous êtes salarié vous pouvez aussi bénéficier d’un pack qui vous permet de toucher des indemnités journalières dans les mêmes conditions qu’en France.

BON A SAVOIR

Cette protection sociale de base est également valable pour vos ayants droit. Ceci dit, elle ne sera certainement pas assez couvrante si vous vous expatriez dans un pays dans lequel les soins sont chers. Comme les Etats-Unis, le Royaume-Uni ou même l’Asie du Sud-Est où les frais d’hospitalisation peuvent s’avérer très élevés, de l’ordre de 800 euros pour deux jours.

Quelle mutuelle choisir pour une expatriation ?

Les mutuelles CFE

La Caisse des Français de l’étranger propose également des complémentaires santé pour compléter votre contrat de base. De très nombreuses formules existent et vous devrez choisir la vôtre en fonction du coût des soins dans le pays visé. Et également de vos besoins. Il existe des packs tout compris incluant l’assurance santé de base CFE et une mutuelle. Avec un guichet unique et un seul interlocuteur.

Parmi les garanties utiles pour un expatrié, on peut citer :

  • L’hospitalisation avec différents niveaux de prise en charge. Pour les pays où les soins sont onéreux, optez pour un remboursement en fonction des frais réels. Et soyez attentif aux plafonds et durées de prise en charge. Par exemple 180 jours consécutifs.
  • Les frais de transport d’urgence. Garantie très utile si vous êtes dans un pays où les établissements de santé performants sont éloignés de votre lieu de vie.
  • Les consultations médicales courantes.
  • L’appareillage et les prothèses médicales et auditives.
  • Les frais de maternité qui seront aussi pris en charge si vous décidez de revenir accoucher en France.
  • Les frais dentaires et optiques.
  • La téléconsultation est assez développée au sein des mutuelles pour expatriés. Indispensable si vous vivez dans un lieu reculé ou souhaitez consulter un praticien français.
  • Une assurance rapatriement si les structures médicales de votre pays d’accueil ne permettent pas de vous soigner dans de bonnes conditions.

Les mutuelles au premier euro

La mutuelle au premier euro est proposée par des assureurs privés et s’adresse aux personnes n’ayant pas adhéré à la CFE. Et qui ne bénéficient donc que des remboursements de soins prévus dans le pays d’accueil. Vos frais de santé sont pris en charge dès le 1er euro dépensé. Elle doit généralement être souscrite pour douze mois et peut également offrir des prestations complémentaires comme une prévoyance en cas de décès ou d’invalidité.

Le coût d’une mutuelle au 1er euro est sensiblement similaire à la souscription d’un contrat CFE et d’une mutuelle. Surtout si vous êtes salarié ou partez en famille. En revanche, un retraité, un jeune couple ou un étudiant aura plutôt intérêt à se tourner vers les formules de la CFE.

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